Forêt et risques naturels

© S. Dupire - SylvaLab

Les forêts jouent un rôle de protection majeur contre les aléas naturels (chute de blocs rocheux, avalanche, érosion, crue torrentielle) et contribuent à réduire les risques sur les biens et les personnes. Le maintien et la bonne gestion de ces forêts de protection constituent une mesure efficace, économique, naturelle et applicable à large échelle. Ce service écosystémique particulier peut cependant être lourdement altéré par d’autres aléas naturels tels que les tempêtes, les feux de forêt ou encore les sécheresses, tous susceptibles d’être plus fréquents et intenses avec les changements climatiques.

Fort d'un expérience de 10 ans dans les Alpes françaises, SylvaLab propose ses services sur deux volets afin d'améliorer la prise en compte de la fonction de protection des forêts contre les risques naturels et mieux connaître les effets de ces perturbations sur les forêts de montagne :

  • La cartographie et l'évaluation du rôle de protection des forêts contre les risques naturels à plusieurs échelles (du versant à l'échelle régionale)
  • L'évaluation de la vulnérabilité des forêts face aux aléas climatiques et en particuliers les incendies de forêts

Forêts de protection contre les chutes de blocs

Évaluation de la capacité de protection de la forêt sur un versant

Les nouvelles technologies d'acquisition de données spatiales (Lidar, photogrammétrie) permettent aujourd'hui d'aboutir à une information spatialisée de qualité pour de nombreuses applications : reliefs très fidèlement représentés, calcul de caractéristiques forestières par unité de surface...

Dans le domaine des risques naturels, cette représentation fidèle de la topographie permet d'effectuer des simulations de propagation de chutes de blocs précises. En comparant les résultats de simulations avec et sans forêt, il est possible de calculer des indicateurs quantitatifs de l'efficacité de la protection offerte par la forêt (Dupire et al. 2016).

Résultats de simulation de propagation de chutes de blocs avec et sans forêt. Le résultat affiché correspond au nombre de blocs passant par une cellule du raster (1000 blocs lancés par cellule de départ)
 

Ce type de démarche permet d'identifier les peuplements offrant les meilleures capacités de protection contre les chutes de blocs. Dans les Alpes françaises, il s'agit principalement des peuplements feuillus et en particuliers les taillis collinéens ainsi que les peuplements mélangés (Dupire et al. 2016).

Distribution de la longueur boisée minimale nécessaire pour atteindre une réduction de l'aléa chute de bloc de 99% sur 3886 placettes forestières localisées dans les Alpes françaises (d'après Dupire et al. 2016).

A partir de cette expertise et de la connaissance des méthodes et outils de modélisation de chute de blocs, SylvaLab est à même d'aider les gestionnaires et propriétaires forestiers à adapter leur sylviculture afin de maintenir voire améliorer la capacité de protection de leur forêt.

 

Cartographie à grande échelle des forêts de protection contre les chutes de blocs

La disponibilité de données spatiales open source (OSM, Copernicus) à grande échelle autorise aujourd'hui de réaliser des études à grande échelle avec des données relativement homogènes.

Ces données ont notamment été utilisées pour réaliser une cartographie des forêts de protection sur la totalité de l'Arc Alpin (Dupire et al. 2020) à partir d'un modèle spécialement développé et calibré à cette fin.

Cartographie à grande échelle des forêts de protection contre les chutes de bloc - White Fox Pictures.

 

Cette méthode peut être adaptée et appliquée sur n'importe quel territoire et laisse la possibilité d'utiliser des données plus précises en cas de disponibilité.

Feux de forêt en montagne

Même si les feux de forêts en contexte montagnard sont beaucoup moins fréquents que dans les écosystèmes plus méridionaux, s'intéresser à ce type d'aléa climatique devient une nécessité en vue d’anticiper les effets particulièrement dévastateurs des incendies lorsqu'ils touchent des forêts situées sur des pentes fortes. En effet, les dommages causés à la végétation peuvent entrainer un certain nombre d'effets cascade : érosion torrentielle, augmentation du nombre de blocs parvenant jusqu'aux routes, voies ferrées et bâtiments, augmentation de l'activité avalancheuse... Il faut ajouter à cela les pertes financières pour le propriétaire et les éventuels dommages environnementaux.

Incendie du Néron (Isère, France 08/2003) - Incendie de Suse (Piémont, Italie 09/2017) - Incendie d'Ugine (Savoie, France 11/2015)

Les compétences de SylvaLab dans ce domaine apportent des réponses aux forestiers qui souhaiteraient identifier les peuplements les plus exposés à des conditions favorables aux incendies et diminuer la vulnérabilité de leur forêt à cet aléa climatique.

Évaluation des conditions climatiques favorables aux incendies de forêt en contexte montagnard

L'étude des variables météorologiques enregistrée depuis 1959 permet d'identifier les zones où les conditions climatiques et météorologiques sont favorables aux incendies de forêt. Sur les Alpes françaises, ce travail a été réalisé à partir des données de MétéoFrance (Dupire et al. 2017) et permet de se rendre compte des niveaux d'aléa moyen et extrême ainsi que de l'évolution spatiale et temporelle sur plus de 55 ans.

État de sécheresse du combustible fin (FFMC) lors d'un été moyen (gauche), lors d'un été très sec (2003, centre) et évolution sur la période 1959-2015 (droite)

Ainsi, ce travail met en évidence une augmentation des conditions météorologiques favorables à l'éclosion d'incendie dans les Alpes en lien avec les changements climatiques. De plus, il souligne une augmentation plus forte en altitude (au-dessus de 800m) dans les Alpes du Sud alors qu'elle est plus prononcée en fond de vallée dans les Alpes du Nord. Par ailleurs, lors d'étés très secs, comme celui connu en 2003, la quasi-totalité des forêts des Alpes internes et des vallées des pré-Alpes sont soumises à des conditions très favorables à l'éclosion et au développement de feux de forêt.

 

Fort de son expertise, SylvaLab vous propose de connaître précisément le niveau d'exposition de votre territoire ou de votre forêt aux conditions climatiques favorables aux feux de forêts.

 

Vulnérabilité des forêts de montagne

Évaluation de la mortalité après incendie

Les travaux effectués en collaboration avec les scientifiques de l'INRAE (Dupire et al. 2019) ont permis de mettre au point une méthode pour évaluer la mortalité potentielle post-feu dans n'importe quel type de forêt en fonction de conditions climatiques définies. Par ailleurs, ces travaux permettent d'affiner les connaissances sur les structures de peuplement favorisant la résistance face aux incendies. De la même façon, la communauté scientifique est aussi active sur la résilience des peuplements et notamment les capacités de régénération de plusieurs espèces suite au passage d'un incendie.

Tout ces travaux permettent aujourd'hui à SylvaLab d'aiguiller les choix pour des sylvicultures favorisant la résistance et la résilience des écosystèmes forestiers face au risque de feu.